mercredi 28 août 2019

Yann Moix : le crépuscule d'une idole (littéraire)

Yann Moix : l'imposture ? 
Série de témoignages (1/3) 

Yann Moix vu par Paul-Eric Blanrue 



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Dans "Orléans", son nouveau livre, Yann Moix, écrivain et ex-chroniqueur chez Ruquier dans « On n’est pas couché » sur France2, raconte les violences physiques et verbales que lui auraient fait subir ses parents lorsqu’il était enfant. Nous vous proposons un autre point de vue sur les dires de Yann Moix et son personnage : une série de témoignages d’anciens proches de l'écrivain. Selon eux, Yann Moix est une « imposture », « un mythomane » et « un fou ». Le premier témoignage que nous publions est celui du sulfureux et très controversé Paul-Eric Blanrue. Ce dernier qui, après avoir réalisé un film sur Robert Faurisson (il a gagné son procès), a rompu avec lui en 2015 et sorti en 2018 un livre, "Sécession", dans lequel il dévoile (entre autres) les mensonges de Faurissonet de Yann Moix . De l'avis général, Blanrue et Moix étaient "les meilleurs amis du monde". Le témoignage recueilli ici n'engage que Paul-Eric Blanrue étant entendu qu'une version subjective sur un individu n'engage que celui qui la propose. Certaines allégations amenées ici étant invérifiables. 


« Yann Moix et moi avons été les meilleurs amis du monde pendant plus de dix ans. On se voyait pratiquement tous les jours au début et un peu moins sur la fin. Après qu’il se soit cassé la gueule au cinéma avec « Cinéman », je le voyais moins. J’ai souvent aidé Yann dans ses démarches littéraires et j’ai toujours été remercié à la fin de ses livres. Néanmoins, il m’a un jour chapardé de nombreuses pages qu’il a insérées dans son roman « Naissance » avec lequel il a reçu le prix Renaudot 2013. Ce sont des pages que j’avais écrites pour un projet de série pour Canal Plus. C’est du plagiat ! Ce ladre ne m’a même pas remercié ni crédité. Voilà le genre du personnage.



E-mail envoyé par Y. Moix en août 2012 à Paul-Eric Blanrue



Vous savez, Yann Moix est un grand menteur, un mythomane. Il a affirmé par exemple ne plus me voir depuis 2010 alors que j’ai les preuves, sms et e-mails à l’appui, qu’on s’est vu jusqu’au printemps 2013 à Paris. Durant l’été précédent, il m’avait envoyé des centaines d’e-mails dont parfois 25 dans la même journée. C’est un fou furieux, un caractériel.
Quand il est énervé, il casse tout chez lui.



Preuve de l’abondante correspondance par mails entre Yann Moix et Paul-Eric Blanrue à l’été 2012


Son frère, Alexandre Moix, a subi la haine de Yann pendant des années. Un jour, Yann m'a dit : « Il n’y a aura pas deux Moix dans la littérature et dans le cinéma. Le seul Moix, c’est moi ! ». Il a demandé aux éditions Grasset d’empêcher son frère, Alexandre – qui est un très bon écrivain – de publier ses livres. Il a pris contact avec des producteurs pour empêcher son frère de réaliser des films. Il déteste son frère au-dessus de tout. Les parents des Moix ont soutenu Alexandre et ça, Yann ne l’a pas accepté. Il agit comme un enfant pourri gâté et unique qui ne supporte pas que ses parents aiment un autre que lui. Il a une haine énorme envers son frère. Si vous prononcez le nom d’Alexandre lors d’un dîner avec Yann ; il quitte la table ! Il fait comme si son frère n’existait pas. D’ailleurs, il n’en parle pas dans son dernier livre ni jamais.



         Moix écrit à Blanrue : "On parlera de ton documentaire qui est vraiment très bon" (ndrl : il s'agit du documentaire "Un homme" sur Robert Faurisson, le négationniste, de Blanrue)

A vingt-deux ans, Yann a sorti des opuscules illustrés et écrits à la main où il se moquait de la Shoah. Il vendait ses livrets, sous forme de photocopies, à dix francs l’exemplaire, après le BAC, en école de commerce à Reims. Il y a eu trois numéros de cet opuscule d’ « Ushoaïa ». C’était très critique envers BHL. Ensuite, il avait une peur bleue que ça se sache. (ndrl : l’affaire est sortie dans L’Express ce 26 août 20191)



Moix pose avec Chatillon, ex-chef du GUD et bras-droit de Marine LePen


Yann a alors fait croire qu’il était marrane, juif d’origine espagnole. C’est complètement faux. C’est moi qui lui ai conseillé de prendre cette couverture si on l’emmerdait. (En réalité, Moix en catalan signifie terne, séducteur, faux, malheureux, sans vivacité. Bref, déprimé.) Il a consacré ensuite plusieurs années à écrire sur la question juive pour se construire méticuleusement une couverture, une identité irréprochable sur le sujet si jamais cela venait à se savoir. Il a même tenté d’apprendre l’hébreu ! Il a fini par aller voir BHL et Enthoven et leur a dit :« J’ai été super con, regardez ce que j’ai fait plus jeune ; j’ai été complètement idiot. Désolé ... ». En réalité, Enthoven et BHL s’en moquaient. D’ailleurs quand Yann a suggéré à BHL qu’il pourrait se convertir au judaïsme mais qu’il avait peur d’être circoncis, BHL lui a rétorqué : « Ce n’est pas la peine. On vous considère déjà comme étant des nôtres ». Il faut savoir aussi, comme je l’écris dans mon dernier livre « Sécession, l’art de désobéir » (Fiat Lux, 2018), que Yann a été amoureux d’un des sœurs de Robert Faurisson qui était mariée au médecin de famille. Yann idolâtrait, était fan de Marc-Edouard Nabe qu’on a qualifié d’antisémite, et il était fasciné par Faurisson

                                       Dédicace de Yann Moix à Paul-Eric Blanrue 

Sur son rapport au judaïsme, on peut signaler que Yann a fait la préface de mon livre : « Le Monde contre soi : anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme ». Ce livre n’a jamais été condamné, je l’ai même dédicacé dans une association juive reconnue mais Yann ne se vante pas de cette préface.


Paul-Eric Blanrue, Elsa Zilberstein et Yann Moix le 4 octobre 2009 au Bistro des Dames à Paris



Concernant ses parents, Yann ne dit pas la vérité.
Il m’a confié à l’époque de « Panthéon » en 2006, qu’il grossissait fort le trait, qu’il voulait faire comme Céline avec sa mère et Péguy dans les Cahiers de la Quinzaine : faire de la littérature et donc extrapoler à fond. En réalité, un jour, son père aurait brûlé ou déchiré des BD de Yann. Et Yann a pris deux-trois torgnoles pour avoir torturé son frère. Il ne l’a jamais avalé. Et il a donc inventé ce « nazisme parental ».



Dédicace de Y. Moix pour P-E. Blanrue de son roman "Édith Stein"


Il a dit dans une interview récemment que ce qui l’insupportait le plus au monde, c’est que des adultes s’en prennent à des enfants innocents. C’est louable. Sauf que Yann a écrit un livre dont je lui ai d’ailleurs soufflé le titre (« La meute ») dans lequel il prend la défense de Roman Polanski ! Il prend la défense d’un pédophile ! Où est la cohérence ? S’il a été battu, pourquoi ne s’est-il pas mis à la place de cette jeune fille de treize ans violée par le réalisateur ? Le plus drôle est qu’après ce roman, qui a été beaucoup critiqué, Polanski a été voir BHL en lui disant « Mais c’est qui ce type, Moix ? Il en fait trop ! ».



Selon Blanrue, le véritable "grand amour" de Yann Moix fut l’actrice Mylène Janpanoï


Je peux aussi vous dire que quand on avait 35-40 ans, Yann et moi étions des libertins mais certainement pas des partouzeurs contrairement à ce qu’on raconte sur la toile. On déteste ça. On draguait ensemble, c’est tout, dans l’esprit parisien d’avant la pudibonderie actuelle. Il était évidemment obsédé par certaines choses, mais je n’en parlerai pas, il y a prescription. En plus, c’était bon enfant ; on n’a rien fait de méchant.

En bref, Yann est paroxystique. Il a une véritable haine contre son frère. C’est à la fois un romantique exacerbé et un obsédé sexuel. En réalité, il manque de raffinement. C’est une petite nature, un animal blessé mais pas par ses parents. Là-dessus, comme toujours ; il ment ».
                      
                                                                           Propos recueillis par Aurore Van Opstal

1https://www.lexpress.fr/culture/quand-yann-moix-publiait-dans-un-journal-antisemite_2095721.html


Voici, en exclusivité, un extrait du dernier livre de Paul-Eric Blanrue «Sécession » (Fiat Lux, 2018) dans lequel, le sulfureux historien revient sur les liens entre la famille Faurisson et Yann Moix.






"Après la publication d’une première liste de signataires (ndrl : Blanrue évoque là une pétition qu’il a lancée en 2010 pour l'abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard), nous eûmes à faire face à deux défections. Mgr Gaillot nous demanda d’ôter son nom. Le prélat gauchiste ne chercha pas à nier avoir subi des pressions de groupes opaques et s’en excusa platement auprès de nous. Moins correcte fut l’attitude de Yann Moix, qui était un ami (très) intime depuis le début des années deux mille. Après avoir signé crânement le texte en connaissance de cause, il fut pris d’une subite crise de panique et se désista sans m’en avertir, m’accusant, qui plus est, de l’avoir fait tomber dans un piège ! Misérable petit sacripant !
Sur le site de La Règle du Jeu, la revue de son mentor BHL, ce ladre déclara qu’il ignorait que le nom de Faurisson apparût sur la pétition et qu’en conséquence il ne pouvait moralement y figurer. Je réagis sur le blog du Clan des Vénitiens en prouvant qu’il mentait comme une brassière. Deux journalistes du Monde.fr, spécialisés dans la traque des extrémistes de droite, réels ou supposés, menèrent une enquête et parvinrent au même résultat que moi en utilisant Google-cache, la mémoire du moteur de recherche. Moix venait d’être pris la main dans le pot à confiture cyanurée !

Le pire c’est que Moix connaissait Faurisson depuis longtemps. Depuis son enfance orléanaise, de fait. C’est une information classée « secret défense » qu’il a soigneusement cachée à tout le monde. Son médecin de famille était en effet l’époux d’une sœur de Faurisson, qui venait régulièrement déjeuner le dimanche chez ses parents, lorsqu’il était gamin. Par la suite, lorsqu’il fit ses études supérieures, Moix crut original de rédiger à la main, avec maintes caricatures qui ne plairaient point au CRIF, une revue intitulée Ushoahïa, le magazine de l’extrême, qui s’inspirait de l’émission de Nicolas Hulot mais surtout de l’album de bandes dessinées Hitler = SS de Jean-Marie Gouriot et Philippe Vuillemin, et des thèses faurissoniennes. C’eût été catastrophique pour sa réputation et sa carrière si cette anecdote était éventée ! Il fut tellement épouvanté qu’on découvrît l’existence de sa farce estudiantine de mauvais goût qu’il courut à plat ventre l’avouer par prévention à son éditeur Jean-Paul Enthoven et à BHL. On imagine leurs bobines à cette occasion – et on se doute de l’estime qu’ils portent désormais à leur poulain en leur for intérieur. On sait aussi par la peau de quelle partie de son anatomie ils le tiennent !

C’est à cette époque que je conseillai à Moix de se faire passer pour un descendant des marranes, ces juifs espagnols convertis de force au catholicisme sous l’Inquisition et qui avaient continué à pratiquer le judaïsme en tapinois. C’est une fable très pratique pour se défausser en cas de polémique qu’il sert aujourd’hui encore à qui veut l’entendre, sans être démenti puisque nul ne mène d’enquête sérieuse sur lui.

Avant le lancement de la pétition, j’évoquai un moment l’idée d’écrire un livre sur Faurisson en le considérant comme un homme, oui, un homme, avec ses qualités et ses défauts. Je m'en étais ouvert à ce cher Yann, avec lequel je discutais très librement de tous ces sujets (il est amusant de relire aujourd’hui nos textos et nos mails dûment conservés par prudence). Il m'avait proposé de présenter l’idée à Philippe Sollers, pour lequel j’éprouve une certaine admiration. Yann m’avait assuré que l’auteur de Femmes serait intéressé par la publication d’un livre de ce genre dans la collection L'Infini qu’il dirigeait chez Gallimard. Après le succès des Bienveillantes de Littell, la voie était ouverte pour une telle expérience littéraire. Mais avec le Vénitien Sollers, rencontré au bar de l’hôtel Montalembert devant un verre de J&B, la question ne fut guère abordée, à cause de la frousse de Moix, dont la franchise a toujours été comparable à celle d’un âne qui recule. Avez- vous observé son regard ? On se comprend. " Paul-Eric Blanrue



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